Lutte contre l’Epidémie de Méningite en Afrique

Les campagnes de vaccination de masse d'urgence sont difficiles à mettre en œuvre rapidement et effectivement.

Photo: Monique Berlier

Afin de déterminer si la méningite a atteint le niveau d’alerte ou épidémique, l’Organisation Mondiale de la Santé a révisé les lignes directrices régionales en 2014, sur la base des taux d’incidence hebdomadaires de la maladie:

  • Seuil d’alerte
    • Populations 30.000 – 100.000: 3 cas sur 100.000 personnes en 1 semaine
    • Populations <30.000: 2 cas au bout de 1 semaine ou une incidence plus élevée que celle d’une année non-épidémique
  • Seuil épidémique
    • Populations 30.000 – 100.000: 10 cas sur 100.000 personnes en 1 semaine
    • Populations <30.000: 5 cas au bout de 1 semaine ou un doublement de l’incidence dans une période de 3 semaines

Dès qu’une épidémie est identifiée, une équipe d’enquête est envoyée dans la région pour confirmer l’agent pathogène qui cause la maladie et, s’il y a lieu, déclencher les procédures d’intervention d’urgence. La riposte à l’épidémie inclut la gestion des cas et la vaccination de masse de toute la population, à condition que l’approvisionnement en vaccins et le soutien administratif soient disponibles. Si les ressources sont limitées il peut être nécessaire de limiter la vaccination aux groupes d’âge les plus à risque.

En théorie, une campagne de vaccination rapidement mise en œuvre, est une campagne qui commence dans les trois à quatre semaines du début d’une épidémie, et qui permettra d’éviter environ 70 pour cent des cas. Cependant, en pratique, il est difficile, voire impossible, de lancer une campagne réactive si rapidement, parce que les vaccins arrivent en quantités limitées et souvent trop tard pour être bénéfiques. En fait, des études ont montré que les campagnes de masse réactives ont des résultats mitigés et ne peuvent empêcher qu’environ 23 pour cent des cas et 18 pour cent des décès.